Nom du Monument:

Alhambra

Localisation:

Grenade, Espagne

Date du Monument:

de 636 de l'Hégire / 1238 J.-C. au règne de Mohammed V (754-794 H / 1354-1391 J.-C.)

Période / Dynastie:

Nasride

Commanditaire(s):

Mohammed Ier (r. 636-672 H / 1238-1273 J.-C.) édifia l’alcazaba nasride ; Mohammed II (r. 672-702 H / 1273-1302 J.-C.) transforma la forteresse en ville-palais ; Mohammed III (r. 702-709 H /1302-1309 J.-C.) construisit le Partal, la mosquée royale et les bains ; les autres constructions sont œuvre de Youssouf Ier (r. 733-754 H / 1333-1354 J.-C.) et, surtout, de son fils Mohammed V (r. 754-794 H / 1354-1391 J.-C.), auquel on doit l’actuelle physionomie de l’Alhambra.

Histoire:

Pour l'art nasride, les successeurs de Mohammed V représentèrent une inévitable décadence.Après la prise de Grenade en 1492 (898 H), les Rois catholiques décrétèrent l'Alhambra “palais royal”. En 1526, Charles Quint décide la construction du palais qui porte son nom, de style Renaissance. L'ensemble fut déclaré Monument national en 1870 et, actuellement, il est régi par le “Patronato de la Alhambra y Generalife”, transféré à la Junta (gouvernement régional) d'Andalousie.

Description:

Le toponyme “Alhambra” apparaît à la fin du IXe siècle sous diverses formes, la plus fréquente étant al-Qalat al-Hamra (le château rouge), à cause de la couleur rouge de l'argile de ses murs. L'ensemble est structuré par trois noyaux – la forteresse (alcazaba), l'aire palatiale et la medina, sans compter les constructions hors les murs. Elle possède quatre grandes portes à l'extérieur – deux au nord et deux au sud – dans la tradition almohade, dont la plus monumentale est la Porte de la Justice, du début du XIVe siècle (VIIIe H). Deux types de tours coexistent dans l'enceinte : les tours d'habitation – de la Captive, des Infantes – et les tours défensives – de Mohammed et du Candil (de la Lampe). Les principales rues qui divisent la cité sont : la Real Baja (Royale basse), qui donne accès à la zone du palais ; la Real Alta (Royale haute), principale voie de la medina, et la rue de Ronda ou du Foso (fossé), véritable artère principale.
La zone palatiale constitue une unité, même si les palais, qui atteignent le nombre de sept, sont indépendants. Il ne faut pas oublier que l'actuel palais de l'Alhambra, dans sa plus grande partie, appartient à la seconde moitié du XIVe siècle (VIIIe siècle H), mais a subi d'importantes modifications ultérieures. Quatre bâtiments sont restés pratiquement en ruine entre 1492 et 1812, tandis que le palais de Comares et le palais des Lions furent conservés comme annexes du palais Renaissance de Charles Quint, inachevé.
Le palais de Comares était le siège officiel du souverain, sa fonction primordiale était d'abriter le pouvoir exécutif. Son patio – celui des Arrayanes (des Myrtes) – était au cœur d'une série de patios à fonctions bureaucratiques. L'un après l'autre, ils révélaient progressivement la présence du roi, qui faisait son apparition dans le Salon doré et dans le Palais de Justice (le Mexuar) et, principalement, dans le Salon des Ambassadeurs, dallé d'azulejos bleu et blanc rehaussés d'ornements dorés, aujourd'hui disparus (l'Alhambra est unique dans le monde musulman pour son dallage d'azulejos avec la devise “Il n'est d'autre vainqueur que Dieu”). Le plafond de cette salle d'audience est une représentation schématique des sept cieux du cosmos musulman (Coran, LXVII, 3). Le palais de Comares avait une façade intérieure du côté sud du patio du Salon doré, le mur le plus abondamment décoré de tout l'Alhambra ; les portes jumelles furent conçues pour confondre un possible assaillant. On accédait au Palais des Lions – résidence de plaisance – par une rue et ses pièces étaient groupées autour d'un patio à deux axes croisés ; sur les espaces ainsi générés ouvraient quatre salles : “de los Moçárabes”, “des Rois”, “des Deux Sœurs” (été) et “des Abencerages” (hiver), les deux premières pour des fêtes et des banquets et les deux dernières pour des soirées musicales, si l'on en juge par la qualité de leur acoustique. Il est possible également que le roi se soit installé dans le Mirador de Lindaraja ou la Daraxa qui, depuis la salle “de los Ajimeces” (fenêtres géminées), donnait sur le patio du même nom. Sa coupole à mouqarnas est l'exaltation la plus exubérante de l'art grenadin.
Une rue séparait ces espaces de la Rauda (de rawda, jardin), la nécropole royale, entendue comme Jardin du Paradis. On ne comprendrait pas l'Alhambra sans les jardins, qui représentent le sommet d'une longue tradition. Certains sont intégrés dans l'architecture – Cour des Lions, Généralife –, d'autres s'étendent sur les versants les plus bas de la colline. L'Alhambra est le seul palais andalou avec un programme épigraphique qui explique architecture et jardins.

View Short Description

Cette cité palatine fortifiée fut, durant plus de deux siècles et demi, le siège du sultanat nasride de Grenade et la dernière forteresse musulmane de la péninsule Ibérique. Située au sommet d'une colline, sur les contreforts de la Sierra Nevada, elle disposait de 1 730 mètres linéaires de muraille pourvue de nombreuses portes monumentales. Elle était structurée en quatre noyaux principaux : la citadelle, les patios, la médina et une résidence d'agrément, le Généralife.
Avec les sultans Yousouf Ier et son fils Muhammad V, l'Alhambra atteignit l'apogée de sa splendeur architectonique et décorative, comme le montrent les palais de Comares et du Riyad (des lions).

Mode de datation:

Outre les indications chronologiques, divers poèmes, inscrits sur les murs pour quelque motif que ce soit, contribuent à la datation, comme celui de la Salle des Deux Sœurs.

Bibliographie sélective:

Al-Andalus. Las artes islámicas en España (catalogue d'exposition), Grenade, 1992.
Cabanelas Rodríguez, D., El techo del Salón de Comares en la Alhambra: decoración, policromía, simbolismo y etimología, Grenade, 1988.
Fernández Puertas, A., The Alhambra,vol. I : From the Ninth Century to Yusuf I (1354), Londres, 1997 ; vol. II : Muhammad V, 1354-1391, Londres (sous presse) ; vol. III : From 1391 to the Present Day, Londres (sous presse).
Grabar, O., La Alhambra: iconografía, formas y valores, 3e éd., Madrid, 1984.
Torres Balbás, L., La Alhambra y el Generalife, Madrid, 1953.

Citation de cette page web:

Ángela Franco "Alhambra" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2019. 2019. http://islamicart.museumwnf.org/database_item.php?id=monument;ISL;es;Mon01;15;fr

Fiche rédigée par: Ángela FrancoÁngela Franco

Ángela Franco es Jefa del Departamento de Antigüedades Medievales en el Museo Arqueológico Nacional.
Obtuvo el Grado de Doctor por la Universidad Complutense de Madrid con la tesis Escultura gótica en León y provincia, premiada y publicada parcialmente (Madrid, 1976; reed. León, 1998); y la Diplomatura en Paleografía y Archivística por la Scuola Vaticana di Paleografia, Diplomatica e Archivistica, con la tesis L'Archivio paleografico italiano: indici dei manoscritti, publicada en castellano (Madrid, 1985). Becas de investigación: beca posdoctoral del Ministerio de Asuntos Exteriores, Academia Española de Bellas Artes de Roma (1974-75); beca posdoctoral del Ministerio de Educación y Ciencia, Academia Española de Bellas Artes de Roma (1975-77); beca de la Fundación Juan March de Madrid (1978).
Tiene en su haber 202 publicaciones, fundamentalmente sobre arte medieval cristiano, en especial la iconografía: Crucifijo gótico doloroso, Doble Credo, Danzas de la Muerte, temática bíblica en relación con la liturgia (el Génesis y el Éxodo en relación con la vigilia Pascual) o con el teatro (Secundum legem debet mori, sobre el “pozo de Moisés” de la cartuja de Dijon). Es autora de cuatro catálogos monográficos del Museo Arqueológico Nacional, entre ellos el de Dedales islámicos (Madrid, 1993), y de publicaciones sobre escultura gótica y pintura en la catedral de León y sobre escultura gótica en Ávila, así como de numerosas fichas para catálogos de exposiciones.
Ha participado en innumerables congresos nacionales e internacionales, presentando ponencias y mesas redondas, y ha dirigido cursos y ciclos de conferencias. Es Secretaria de Publicaciones en el Museo Arqueológico Nacional desde 1989.

Édition: Rosalía AllerRosalía Aller

Rosalía Aller Maisonnave, licenciada en Letras (Universidad Católica del Uruguay), y en Filología Hispánica y magíster en Gestión Cultural de Música, Teatro y Danza (Universidad Complutense de Madrid), ha obtenido becas de la Agencia Española de Cooperación Internacional y la Universidad Nacional de Educación a Distancia de Madrid, así como el Diplôme de Langue Française (Alliance Française), el Certificate of Proficiency in English (University of Cambridge) y el Certificado Superior en inglés y francés (Escuela Oficial de Idiomas de Madrid). Profesora de Estética de la Poesía y Teoría Literaria en la Universidad Católica del Uruguay, actualmente es docente de Lengua Castellana y Literatura en institutos de Enseñanza Secundaria y formación del profesorado en Madrid. Desde 1983, ha realizado traducción y edición de textos en Automated Training Systems, Applied Learning International, Videobanco Formación y El Derecho Editores. Integra el equipo de Museo Sin Fronteras desde 1999 y ha colaborado en la revisión de los catálogos de “El Arte Islámico en el Mediterráneo”. Así mismo, ha realizado publicaciones sobre temas literarios y didácticos, ha dictado conferencias y ha participado en recitales poéticos.

Traduction par: Benito Pelegrín (de l'espagnol)
Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : SP 19

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