Photographie: Zishan Sheikh


Nom du Monument:

Palais de Moulay Ismaïl

Localisation:

Meknès, Maroc

Date du Monument:

1083 et 1091 de l’Hégira (1672-1680 J.-C.)

Architecte(s) / maître(s) d’œuvre:

Les auteurs contemporains de Moulay Ismaïl sont unanimes pour affirmer que le souverain fut lui-même l’architecte de sa ville impériale. Il aurait personnellement dirigé et surveillé les travaux chaque fois qu’il se trouvait à Meknès, n’hésitant pas à y participer de ses propres mains. C’est ce qui fit dire à l’Anglais John Windus, qui visita Meknès en 1721 : “The Emperor is wonderfully addicted to building” (l’empereur est formidablement féru de construction).

Période / Dynastie:

Alaouite, XIe-XIIe siècle de l’Hégire (XVIIe-XVIIIe siècle J.-C.)

Commanditaire(s):

Le sultan Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.).

Description:

Dans sa capitale, Meknès, dont il avait été gouverneur avant de monter sur le trône, le sultan Moulay Ismaïl fit construire de gigantesques monuments, dont de nombreux palais reliés les uns aux autres et entourés de remparts et de jardins.

également appelé la Casbah, cet ensemble palatial se compose des palais Dar Kebira, Dar al-Mansour, Dar al-Medersa et Dar al-Mehencha.

Deux enceintes ont été construites autour de ces palais, l'une intérieure, simple, sans créneaux ni bastions, l'autre, extérieure, haute de 9 à 12 m et percée de nombreuses portes, avec son chemin de ronde et ses bastions.

Les palais communiquent entre eux par des cheminements traditionnels en corridors coudés à ciel ouvert, avec parfois un plafond en dôme percé.

Le palais Dar Kebira, construit entre 1083 et 1091 H / 1672-1680 J.-C., est composé de plusieurs parties destinées à loger luxueusement la famille royale et les proches parents du sultan : cours, patios, pièces de réception, hammams, cuisines, greniers fours et magasins.

Le palais el-Mansour, aujourd'hui en ruine, comportait un bassin, un oratoire et une mosquée.

Les deux autres palais, Dar al-Medersa et Dar al-Mehencha, formaient les résidences principales de Moulay Ismaïl. On y accède par un impressionnant corridor, l'assarag (mot berbère signifiant esplanade ou couloir), formé par deux hautes enceintes qui séparent les deux palais du quartier Sidi Amar.

Six écuries, abritant 1 200 chevaux et mulets, complètent, avec les arsenaux, le palais el-Mansour.

Ces palais donnaient sur le grand bassin, Sahrij Swani. Le tout était complété par des jardins dont les plus célèbres sont le Bahraouia et le Strangia, actuellement aménagés en parcours de golf.

Trois de ces palais ont été réaménagés et restaurés. Ils sont aujourd'hui utilisés comme résidence royale.

Parmi eux, Dar al-Mehencha est celui qui procède de la conception architecturale la plus rigoureuse.

érigé sur un terrain rectangulaire de 400 x 240 m, ceint d'un rempart bastionné et couronné d'un chemin de ronde sur son flanc sud, le palais de la Mehencha (serpentine) tire son nom de la serpentine hydraulique qui orne sa grande cour. On y accède par une porte monumentale (Bab al-Makhzen) dont l'arche, en brique et en pisé, est décorée de mosaïque de faïence polychrome.

L'enceinte palatiale englobe plusieurs structures, et en particulier :

- Une cour rectangulaire, très austère, comportant des guérites et des boxes à chevaux, ainsi qu'une ancienne ménagerie (douyret es-sbaa, la maison du lion) réaménagée en appartements.

- Une deuxième cour, flanquée de guérites et dont le centre est orné d'un bassin tapissé de faïence polychrome, avec quatre vasques aux coins.

- Une mosquée dont la conception architecturale carrée est d'inspiration turque, mais dont la décoration est spécifiquement maghrébine, avec son minaret à base carrée décoré d'arcatures aveugles et son mihrab rehaussé de mosaïque de faïence polychrome, son arc outrepassé brisé, son archivolte festonnée et ses panneaux de stuc sculpté.

- Une chancellerie (douyret en-nsar, la maison glorieuse) comportant un patio dont le centre est occupé par une vasque ovale. L'un des côtés se distingue par trois portiques dont celui du milieu présente des murs décorés de zelliges jusqu'à mi-hauteur et un toit en bois peint. C'est “la glorieuse coupole” (koubbat en-nsar), où le sultan tenait ses séances de travail. De l'autre côté de la cour, six loges étaient réservées aux secrétaires.

- Les appartements royaux (riyad el-mhancha) : autour d'une grande cour trapézoïdale (84 et 88 sur 74 et 71 m) dallée de marbre blanc, avec un bassin rectangulaire au milieu, s'alignent, sur trois façades, les appartements privés, les appartements des femmes avec leurs dépendances et les salles d'apparat, somptueusement décorés de zelliges, de plâtre sculpté et de bois peint.- Six grands jardins, alignés deux par deux d'est en ouest ; le plus soigné, arset er-rkham (le jardin de marbre), est relié aux salles d'apparat par une grande véranda et conduit par son allée centrale à une grande salle de réception isolée au milieu des jardins (qubbet es-souira).

View Short Description

Construit vers 1697 par Moulay Ismaïl à l'intérieur de la Cité royale, cet ensemble comprend le palais du roi, de ses fils et de ses vizirs et compagnons. Il est entouré de remparts ouverts sur une porte monumentale.
L'ensemble du Palais royal s'étend sur 13,5 hectares. Dar el-Mhancha (ou palais Mhancha) était la résidence royale principale. Composé de vastes salons, de riyad et de places richement décorées, le palais est un exemple de monuments andalous.
De forme rectangulaire (400 m de long sur 240 m de large), le palais est prolongé par un mechouar (large place) juste devant les remparts.

Mode de datation:

Dans son livre al-Ithaf, Ibn Zaidan, qui a vécu dans les salons de ces palais et qui a eu accès aux archives du Makhzen à Meknès, donne des dates précises pour Dar Kebira (1083 et 1091/1672-1680).

Bibliographie sélective:

Barrucand, M., L'architecture de la Qasba de Moulay Ismaïl à Meknès, Casablanca, 1976.

Barrucand, M., Urbanisme princier en Islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales, Paris, 1985.

Champion, P., Tanger, Fès, Meknès, coll. “Les villes d'art célèbres”, Paris, 1924.

Mennouni, M., Planning urbain de la ville de Meknès à travers quatre époques (en arabe), Rabat, n. d.

Périgny, M. de, Au Maroc : Casablanca, Rabat, Méknès, 1918.

Terrasse, H., Villes impériales du Maroc, Grenoble, 1937.

Citation de cette page web:

Mohamed Mezzine "Palais de Moulay Ismaïl" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2018. 2018. http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;ma;Mon01;16;fr

Fiche rédigée par: Mohamed MezzineMohamed Mezzine

Mohamed Mezzine is a heritage historian and the director of an established graduate program at the university of Fes on the history, preservation and restoration of architectural heritage in ancient (Moroccan) cities. He studied at University Mohamed V (Rabat) and obtained a Doctorat d'Etat in history from the University of Paris (7). Pr. Mezzine has been a visiting lecturer at the Universities of Metz, Tours (URBAMA) and Aix-en-Provence. He has likewise co-directed a number of joint research heritage projects involving French and Spanish academics. He has authored books and articles on the architectural heritage of the Islamic world including Fès médiévale, ed. Mohamed Mezzine (Paris : Ed. Autrement, 1992) ; “Political Power and Socio-Religious Networks in 16th-Century Fes,” in Islamic Urbanism in Human History: Political Power and Social Networks, ed. Tsugitaka Sato (London: Kegan Publ. de la Faculté des Lettres Sais-Fès, 2003). Pr. Mezzine is also a member of the national “Commission for the Preservation of Fes.”

Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : MO 22

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