Nom du Monument:

Maqam (sanctuaire) du prophète David

Autre(s) nom(s):

Tombeau de David

Localisation:

À 50 m des murailles de la ville ancienne, au sud de la Porte du prophète David (porte de Sion), Jérusalem

Date du Monument:

VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.)

Période / Dynastie:

Période des Croisades, dynastie ayyoubide

Commanditaire(s):

Au cours des siècles, plusieurs commanditaires ont participé à la construction, le plus éminent étant le sultan ottoman Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).

Description:

Pour les sources arabes, ce complexe est connu sous le nom de maqam du prophète David. Il est situé à flanc de colline dans une zone aujourd'hui appelée cité de David.
Selon les sources chrétiennes occidentales, la salle supérieure du complexe appelé palais de Sion ('Alliyat Suhyoun) est le lieu où se tint la Cène, et le niveau inférieur l'endroit où le Christ aurait lavé les pieds de ses disciples. Le complexe est donc un lieu saint important pour les chrétiens, les musulmans et les juifs ; c'est pourquoi son histoire (comme celle de son contrôle par les trois religions) est marquée par les conflits que cet attachement a pu entraîner.
L'histoire du site commence par la construction d'une église appelée “Petite église de Dieu”, mais au IVe ou Ve siècle J.-C., on édifia à proximité l'église des Apôtres en commémoration de la Cène. La petite église fut agrandie et prit alors le nom d'église de Sion, ou “Mère de toutes les églises”. à la suite de l'arrivée des Perses à Jérusalem en 614, elle fut incendiée. Au VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), les moines franciscains entreprirent la construction d'un monastère sur le flanc est de la colline, qui aurait été le site du tombeau du prophète David. Ils édifièrent un bâtiment de deux niveaux. Le rez-de-chaussée, voûté, était dédié à la commémoration du Lavement des pieds, l'étage était consacré à la Cène. Les musulmans s'intéressèrent également à ce site ; en 615-616 H / 1219 J.-C., au cours de la période ayyoubide, ils prirent le contrôle des lieux et installèrent un mihrab au rez-de-chaussée, dans la salle voûtée consacrée au prophète David, tout en laissant les chrétiens accéder à la salle supérieure.
Avec l'accord du sultan mamelouk, les Franciscains acquirent d'autres terrains à proximité du tombeau, sur la pente est, et y construisirent plusieurs bâtiments. La communauté juive commença alors à s'intéresser au tombeau de David, qu'ils voyaient dans une tombe anonyme située dans la salle du rez-de-chaussée. D'importantes dissensions se développèrent entre les communautés juives et chrétiennes. Plusieurs sultans mamelouks tentèrent de régler le problème, mais l'intervention de puissances étrangères dans la controverse les firent hésiter. En 930 H / 1524 J.-C., en guise de solution définitive, le sultan Soliman le Magnifique expulsa les Franciscains, transforma l'église en mosquée et islamisa le site. Depuis, et jusqu'en 1948, lorsque Israël prit le contrôle de Jérusalem, les lieux restèrent confiés à la garde de la famille Dajani.
Le maqam est un important complexe architectural composé de trois mosquées et de trois cours, dont une grande partie est actuellement utilisée par une école religieuse juive. La mosquée du rez-de-chaussée a été transformée en synagogue et la salle consacrée à la Cène est restée une mosquée. La troisième mosquée est fermée.

View Short Description

Les chrétiens croyaient que la Cène avait eu lieu en cet endroit. Les musulmans l’ont identifié comme le site du maqam (tombeau) de David et certains juifs acceptent cette hypothèse. Une église fut construite sur le site à la période byzantine, puis les moines franciscains édifièrent un monastère par dessus. Les Ayyoubides y ajoutèrent un mirhab et transformèrent une partie du complexe en mosquée. Vinrent ensuite les Ottomans, qui ajoutèrent à leur tour une zawiya et la remirent entre les mains de la famille Dajani, de Jérusalem. En 1948, le site tomba sous le contrôle israélite ; il fut transformé alors en synagogues et en écoles religieuses.

Mode de datation:

Par une inscription datée figurant à l'entrée de la salle consacrée à la Cène et par des sources historiques. Elle est confirmée par des documents mamelouks publiés par l'historien Ahmad Darraj en 1968.

Bibliographie sélective:

Al-Dajani, A., Masjid al-Nabi Dawoud 'Alaihi al-Salam wa Maqamouhou fi Bait al-Maqdis [La mosquée du prophète David et son sanctuaire à Jerusalem], mémoire de maîtrise, Université de Jérusalem, 1996.
Al-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil [Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron], Amman, 1973.
Berchem, M. van, Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum (II), Le Caire, 1922.
Darraj, A., Watha'iq Dair Souhyoun bi al-Qods al-Charif [Les documents du monastère de Sion à Jérusalem], Le Caire, 1968.
Natsheh, Y., “Masjid and Minaret al-Nabi Da'ud”, in S. Auld et R. Hillenbrand (éds), Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917 (deuxième partie), Londres, 2000.

Citation de cette page web:

Yusuf al-Natsheh "Maqam (sanctuaire) du prophète David" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2018. 2018. http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;pa;Mon01;35;fr

Fiche rédigée par: Yusuf Al-NatshehYusuf al-Natsheh

Yusuf Said Natsheh is a Palestinian and since 1997 he has been Director of the Department of Islamic Archaeology in al-Haram al-Sharif in Jerusalem. He is a lecturer at al-Quds University. He was educated in Jerusalem and Cairo and in 1997 obtained his Ph.D. from the School of Oriental and African Studies, University of London. Dr Natsheh is a council member of many Palestinian societies for architectural heritage and a consultant for various projects on Jerusalem. He has written books and more than 40 articles about Jerusalem's architectural heritage including the architectural survey of Ottoman architecture in R. Hillenbrand and S. Auld (eds) Ottoman Jerusalem: The Living City 1517–1917 (London: Altajir World of Islam Trust, 2000). He has contributed to many international and national conferences. He supervised the restoration project, sponsored by the Arab League, on Mamluk monuments in and around al-Haram al-Sharif, and was Palestinian expert for the UNESCO mission to Jerusalem in 2004.

Traduction par: Jacques Bosser (de l'anglais).
Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : PA 35

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