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Nom du Monument:

Deir Mar Moussa al-Habashi (monastère de saint Moïse l’Éthiopien)

Localisation:

Au milieu des falaises rocheuses du Djebel Qalamoun à 7 km à l’est de Nebek, ville située à 80 km au nord de Damas. La région est connue sous le nom vernaculaire de Djebel al-Moudakhan (la montagne enfumée), en raison de l’atmosphère brumeuse qui y règne, Syrie

Date du Monument:

La partie la plus ancienne, qui sert actuellement de cuisine, est une tour préislamique byzantine du Ve ou VIe siècle ap. J.-C. L'église du monastère date de 450 H / 1058 J.-C.

Architecte(s) / maître(s) d’œuvre:

Les architectes de l’église, construite pendant le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), étaient Moussa et ses frères (connus comme étant les fils d’Abou al-Assad) et Mazhluum bin Touma al-Nebeki. Le peintre de la fresque de surface est Sarkis ibn al-Qassis Ghali bin Barran et le calligraphe Hunayn.

Période / Dynastie:

Byzantine, seldjoukide, ayyoubide

Commanditaire(s):

Le monastère dépend depuis le VIe siècle de communautés chrétiennes orientales et de leurs moines résidants. Après une longue période d’abandon et de multiples dommages survenus en particulier au cours des années 1970, le jésuite italien Paolo dell’Oglio et les communautés catholiques syriennes ont entrepris de restaurer les lieux en utilisant les méthodes de travail locales anciennes tant pour l’architecture que la décoration.

Description:

Le monastère s'est développé autour d'une ancienne tour de guet byzantine du Ve ou VIe siècle. Selon la légende, Moïse, fils du roi d'Éthiopie, arriva en Syrie après avoir abandonné ses droits au trône pour mener une existence consacrée à la spiritualité. Après avoir voyagé en Égypte et en Palestine et être devenu prêtre au cours de son périple, il se fit moine et s'installa dans les montages de Qalamun, se consacrant à la contemplation dans des grottes et la tour de guet abandonnée. Il subit le martyre de soldats byzantins de Chalcédoine au début du VIIe siècle et le monastère prit alors son nom.
Le bâtiment se caractérise par le style défensif de son architecture. La très petite entrée s'ouvrant dans le mur occidental ne mesure que 1 m de haut. Des meurtrières sont réparties le long du mur. L'entrée conduit à un corridor sombre desservant diverses petites pièces, l'église et une terrasse donnant sur la falaise. Les pièces principales se distribuent sur deux niveaux au-dessus du sommet de la falaise et trois niveaux creusés en dessous. L'eau de pluie était collectée dans des réservoirs et conservée pour être utilisée tout au long de l'année. Au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), les installations du monastère furent agrandies.
L'église, au nord du monastère, a été édifiée en 450 H / 1058 J.-C. Elle est de plan carré de 10 m de côté, et divisée en deux sections : le chœur, contenant un autel sous un arc en berceau surbaissé et un jubé d'une part, la salle de prière composée de trois nefs séparées par deux rangées de colonnes d'autre part.
Les importantes fresques murales qui recouvrent les murs de l'église constituent l'un des plus riches exemples de l'art chrétien de la région. Elles révèlent à l'étude plusieurs couches de peinture, toutes exécutées sous les règnes seldjoukide, atabeg et ayyoubide. L'écaillement de la peinture par endroits a permis d'étudier leurs caractéristiques stylistiques et iconographiques. Leurs inscriptions de datation subsistent, écrites en arabe, ce qui montre que les chrétiens de la région adoptèrent la langue arabe au cours de la période médiévale. La couche inférieure, datée de 466 H / 1074 J.-C., est la moins bien conservée et présente un style de peinture animé dans la continuité de l'art chrétien hellénistique local. La seconde couche, datée un peu plus tard de 488 H / 1095 J.-C., est tout aussi expressive et subsiste presque entièrement sur le mur oriental de la nef centrale ; elle représente le baptême du Christ. La troisième, la plus visible, est une vaste fresque murale médiévale, rare opportunité offerte à la recherche iconographique. Elle représente, par exemple, le Jour du jugement dernier sur le mur de la fenêtre occidentale, face à une Annonciation sur le mur oriental. Stylistiquement, ces peintures sont de style syriaque, plus spontané que celui de la tradition byzantine antérieure. Leur date n'est pas très claire. On a pu lire 1504 dans le calendrier séleucide, qui correspond à 588 H / 1192 J.-C., ou 604 H / 1208 J.-C. Ces deux possibilités confirment néanmoins une réalisation contemporaine de la période ayyoubide.

View Short Description

Ce monastère est accroché aux falaises du Djebel Qalamoun, près de la route Damas-Homs. Sa plus ancienne partie est pré-islamqiue et son église du Ve s. H (XIe s. J.-C.) possède l'ensemble le plus complet de fresques murales chrétiennes qui nous soit parvenu. Les trois strates de ces peintures sont datées des périodes atabeg et ayyoubide. Elles illustrent la renaissance artistique que connurent les communautés chrétiennes syriaques, dans la tradition de tolérance de l'islam envers les autres religions, même pendant les périodes de militarisation et de guerres avec les Croisés.

Mode de datation:

Lors de fouilles, des vestiges de constructions massives à coupole ont été découvertes dans les fondations et attribués à la période byzantine préislamique, sans doute du Ve ou VIe siècle. Un manuscrit conservé au British Museum de Londres et provenant du monastère est daté de 575 J.-C., ce qui signifie que le monastère était bien établi avant cette date. Pour l'église, une inscription sculptée date la construction de 450/1058. Une inscription au-dessus de l'entrée indique que des travaux de rénovation ont été achevés en 902/1497.

Bibliographie sélective:

Cruickshank-Dodd, E., “The Monastery of Mar Moussa al-Habashi near Nebek, Syria”, Arte Medievale: periodica internzionale di critica dell 'arte medievale, 2e série, 6:1, 1992, pp. 61-132.
Evans, H., Byzantium: Faith and Power 1261-1557, New York, 2004, p. 424.
Dell'Oglio, P., “Tarikh Deir Mar Moussa al-Habashi wa wasf al-Rusumat al-Jidariyya fi Kanisatihi [Histoire du monastère de saint Moïse l'Éthiopien et Description des peintures murales de l'église]”, Tarmim Deir Mar Musa al-Habashi [La Restauration du monastère de saint Moïse l'Éthiopien], Damas, 1998, pp. 11-23.

Citation de cette page web:

Dina Bakkour "Deir Mar Moussa al-Habashi (monastère de saint Moïse l’Éthiopien)" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2020. 2020. http://islamicart.museumwnf.org/database_item.php?id=monument;ISL;sy;Mon01;23;fr

Fiche rédigée par: Dina BakkourDina Bakkour

Dina Bakkour is an archaeologist. She studied archaeology at the Institute of Archaeology and Museums in Damascus and General History at the University of Damascus. She received her Master's (DEA) in Islamic archaeology from the ParisI Sorbonne University, where she is currently preparing her Ph.D. thesis. She holds a Master's in Museology from the Ecole Du Louvre in Paris. Dina followed many stages in conservation and restoration in Rome, Murcia and Amsterdam. Nowadays, she works in the Directorate General of Antiquities and Museums in Damascus. She participated in many national and European excavations and restoration in Syria and taught at the Institute of Archaeology and Museum in Damascus. She was a contributor to The Restorations of Deir Mar Musa al-Habashi. Nabek-Syria (Damascus: Syrian Ministry of Culture; Rome: Central Institute for Restoration).

Traduction par: Jacques Bosser (de l'anglais).
Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : SY 29

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