Photographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-RoumiPhotographie: Muhammad al-Roumi


Nom du Monument:

Krak des Chevaliers

Autre(s) nom(s):

Qalaat al-Hisn / Hisn al-Akrâd

Localisation:

Région de Homs, Syrie

Date du Monument:

V - Xe s. de l'Hégire / XI - XVIe s. J.C.

Période / Dynastie:

Kilabite-seldjoukide (422-504 H / 1031-1110 J.-C.) ; comtes de Tripoli (504-537 H / 1110-1142 J.-C.) ; Chevaliers hospitaliers (537-669 H / 1142-1271 J.-C.) ; mamelouke (669 H / 1271-XVIe siècle J.-C.)

Commanditaire(s):

Chevaliers hospitaliers et sultans mamelouks Baybars (658-676 H / 1260-1277 J.-C.), Barakat Khan (676-678 H / 1277-1279 J.-C.), al-Mansour Qalawun (678-689 H / 1279-1290 J.-C.) et al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (qui régna à trois reprises: 693-694 H / 1293-1294 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1310-1341 J.-C.)

Description:

Le château se dresse entre le port de Tartous et la ville de Homs, à une altitude de 650 m sur les contreforts méridionaux du Djebel Ansariyya, d'où il surveille le col de Homs, principale voie de passage entre l'arrière-pays du Bilad al-Cham, qu'avaient conservé les musulmans, et la région côtière détenue par les Croisés.
Le site avait été occupé en 422 H / 1031 J.-C. par les Kilabites, qui y avaient implanté une colonie kurde, d'où son nom de Hisn al-Akrâd (“château des Kurdes”). Les principales fortifications furent néanmoins érigées après l'arrivée des Croisés en 504 H / 1110 J.-C., et plus particulièrement après qu'il eut été confié à l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers en 537 H / 1142 J.-C. Il fut tenu par les Croisés pendant plus de 120 ans avant de finir par tomber aux mains du sultan mamelouk al-Dahir Baybars. Il fut alors restauré, ses fortifications renforcées, et il devint le symbole du pouvoir mamelouk dans la région ainsi que la résidence des gouverneurs. Il conserva sa fonction militaire jusqu'à la fin de la période ottomane puis fut habité par des villageois jusqu'à la période du mandat français. Restauré et vidé de ses habitants au cours du XXe siècle, il prit le nom de Qalaat al-Hisn dans les années 1950.
Édifié sur un éperon basaltique de forme trapézoïdale séparé de la montagne au sud par un fossé artificiel, le château est divisé en deux zones défensives complémentaires. Le château haut, construit sur un affleurement rocheux au centre du site, s'organise autour d'une cour centrale et d'une double enceinte en trapèze. Il comprend les constructions les plus impressionnantes de la période franque : un complexe religieux composé d'une chapelle, d'une salle capitulaire et d'un cloître, et du donjon en façade sud, composé de trois énormes tours. C'était le quartier général et la résidence principale de l'élite des Chevaliers hospitaliers. Tout autour, la cour basse contient également quelques vestiges architecturaux de l'occupation croisée, comme les remparts est et ouest, l'écurie, le bassin au sud et la barbacane sur la façade nord-est.
La contribution architecturale mamelouke au Krak des Chevaliers est substantielle. Les travaux les plus importants – améliorations majeures apportées aux fortifications des Chevaliers – furent accomplis pendant le dernier tiers du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De nouveaux remparts et plusieurs tours furent érigés sur les côtés sud et est de la cour basse, réunis par des galeries continues de mâchicoulis et des bretèches. L'utilisation du Krak comme centre administratif de la région conduisit au développement des constructions résidentielles et palatiales, dont la résidence du gouverneur au sommet du donjon, les salles décorées du château et le hammam dans la cour basse.

View Short Description

Également appelé Hisn al-Akrâd à la suite de l'installation de Kurdes au Ve s. H (XIe J.-C.), le château connut des transformations majeures au plan défensif sous l'occupation croisée, en particulier celle de l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers. Les Croisés conservèrent 120 ans cette importante place stratégique, remarquable témoignage de la plus éminente architecture militaire. Elle comprend également une chapelle du VIe/XIIe s., aux caractéristiques romanes, et une arcade du VIIe/XIIIe s. de style proche du gothique français.

Mode de datation:

Les nombreuses inscriptions en arabe figurant sur la façade sud de la cour basse donnent une chronologie des travaux réalisés par les Mamelouks à la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Plusieurs études historiques et architecturales ont contribué à éclairer l'histoire monumentale de ce château.

Bibliographie sélective:

Cathcart-King, D. J., “The Taking of Le Krak des Chevaliers in 1271”, Antiquity, XXIII, 1949, pp. 83-92.
Deschamps, P., “Les châteaux des Croisés en Terre Sainte”, vol. 1, Le Crac des Chevaliers, Paris, 1934.
Kennedy, H., Crusader Castles, Cambridge, 1994, pp. 145-163.
Mesqui, J., “Le Crac des Chevaliers”, Quatre châteaux des Hospitaliers, 2003 [www.castellorient.com].
Müller-Wiener, W., Castles of the Crusaders, Londres, 1966, pp. 59-62.
Rey, E.-G., Étude sur les monuments de l'architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'île de Chypre, Paris, 1871, pp. 39-67.
Sobernheim, M., “Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum”, vol. 2, Syrie du Nord, Mémoires de l'École du Caire XXV, Le Caire, 1909, pp. 19-36.
Berchem van, M. et Fatio, E., “Voyage en Syrie”, vol. I, Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire, Le Caire, 1914-1915, pp. 135-163.

Citation de cette page web:

Benjamin Michaudel "Krak des Chevaliers" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2019. 2019. http://islamicart.museumwnf.org/database_item.php?id=monument;ISL;sy;Mon01;25;fr

Fiche rédigée par: Benjamin MichaudelBenjamin Michaudel

Benjamin Michaudel is a French scholar in Islamic history, art and archaeology and an Arabist. He is the author of a Ph.D. on the Ayyubid and Mamluk fortifications in coastal Syria and has been conducting surveys in Syria since 1997.

Édition: Mandi Gomez
Traduction par: Jacques Bosser (de l'anglais).
Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : SY 31

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