Nom du Monument:

Zaouia de Sidi Kacem al-Jalizi

Localisation:

dans la médina, boulevard du 9 Avril, Tunis, Tunisie

Date du Monument:

2de moitié du IXe siècle de l’Hégire (XVe siècle J.-C.)

Période / Dynastie:

Hafside

Commanditaire(s):

Le saint Sidi Kacem al-Jalizi.

Histoire:

Le mausolée a connu plusieurs travaux d'agrandissement, dont ceux entrepris par le cheikh Abou al-Gheith al-Kachach au début du XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.), qui adjoignit des salles tout autour du patio servant à héberger les voyageurs et les commerçants venus de l'intérieur du pays. Au début du XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.), le fondateur de la dynastie husseinite, Hussein ibn Ali Turki, ordonna l'édification de l'oratoire, au côté sud-est du mausolée.

Aujourd'hui, le mausolée a été transformé en musée comportant des collections de stèles funéraires et de la céramique de l'époque islamique. Une partie du monument a été utilisée comme école de céramique artistique.

Description:

La zaouia se compose d'une cour à portique entourée sur trois côtés de chambres initialement réservées aux visiteurs, qui sont soit des pèlerins, soit des indigents. Le côté ouest est occupé par la chambre funéraire à toit pyramidal. Attenant à l'entrée, à l'angle nord-est, un oratoire construit au début du XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). L'ensemble se prolonge à l'ouest par un jardin qui, jadis, jouxtait les remparts aujourd'hui disparus.

Les murs sont en moellons liés au mortier de chaux, alors que la décoration fait intervenir plusieurs matériaux : la pierre appareillée, le marbre, le plâtre et la céramique.

L'accès au monument se fait par une porte à double battant surmontée d'un linteau à claveaux finement travaillés, le bas des piédroits est orné de motifs serpentiformes. Un premier vestibule donne accès à l'oratoire, le second ouvre sur la cour.

L'oratoire est une salle hypostyle de plan original. Les nefs, au nombre de 3, sont parallèles au mur de la qibla, comme dans certains sanctuaires marocains. Les colonnes et les chapiteaux de type hafside sont en pierre kadhal, une pierre calcaire utilisée pour le pavage et pour les encadrements de portes ou fenêtres.

La cour, carrée, est dallée de marbre blanc rehaussé de motifs géométriques en incrustation de galons de marbre noir.

Chacun des quatre portiques comporte cinq arcs brisés outrepassés exécutés en pierre appareillée de grès coquillé ocre. Ils reposent sur des colonnes en marbre blanc à chapiteaux hafsides.

La chambre funéraire carrée est couverte d'un toit pyramidal en tuiles vernissées vertes qui surmonte une base carrée. Elle présente sur les trois façades extérieures la même composition. Trois arcatures aveugles en pierre ocre se détachent sur un fond blanchi à la chaux. Sous la base de la coupole se déploie une large bande où alternent des niches rectangulaires et des panneaux de céramique.

à l'intérieur, la chambre funéraire est divisée en deux salles par un grand arc à claveaux en marbre noir et blanc, soutenu par des colonnes surmontées de chapiteaux à méandres et fleurons, dans la pure tradition hispano-maghrébine.

Des niches à fond plat percent les murs de la première salle. Elles sont recouvertes de céramique dans la partie basse et d'arabesques sculptées dans le plâtre dans la partie haute. Les carreaux à motifs étoilés sont fabriqués selon la technique de la cuerda seca. La seconde salle abrite le catafalque en bois surmontant la tombe de Sidi Kacem, au côté d'une belle inscription commémorative.

View Short Description

D'origine andalouse et d'une exceptionnelle habileté, Sidi Kacem al-Jalizi, fabricant de zelliges (carreaux de céramique), vivait à Tunis dans la seconde moitié du IXe siècle H (XVe J.-C.). Il était connu pour sa générosité et sa grande piété. Ce monument renferme de très jolis plafonds peints, une collection remarquable de carreaux émaillés et de carreaux de céramique à la cuerda seca. Un cénotaphe, impressionnant par la beauté de son décor et la paix qu'il inspire, abrite le saint. Restauré avec l'aide du gouvernement espagnol, ce mausolée est aménagé en musée.

Mode de datation:

L'inscription se trouvant à côté du tombeau du saint, ainsi que des sources historiques. Nous ne possédons pas la date exacte, mais Sidi Kacem est mort en 901/1496, date fixée sur une belle inscription se trouvant à côté du tombeau du saint, ce qui démontre que le monument a été fondé avant cette date.

Bibliographie sélective:

Daoulatli, A., Tunis sous les Hafsides, Tunis, 1977.
Marçais, G., L'architecture musulmane d'Occident, Paris, 1954.
Marçais, G., Manuel d'art musulman, Paris, 1926-1927.

Citation de cette page web:

Mohamed Béji Ben Mami "Zaouia de Sidi Kacem al-Jalizi" dans Discover Islamic Art. Museum With No Frontiers, 2018. 2018. http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;tn;Mon01;11;fr

Fiche rédigée par: Mohamed Béji Ben MamiMohamed Béji Ben Mami

Né le 27 janvier 1950 à Tunis, docteur en archéologie islamique, Mohamed Béji Ben Mami est directeur général de l'Institut national du patrimoine et vice-président de la Municipalité de Tunis. Il a restauré, sauvegardé et mis en valeur plus d'une cinquantaine de monuments de la médina de Tunis, dirigé les fouilles de grands sites islamiques et organisé diverses expositions relatives à la civilisation arabo-islamique.
Depuis 1996, il est vice-président de l'Union des historiens arabes et représentant de l'Union des archéologues arabes de Tunisie.
Mohamed Béji Ben Mami a pris part à divers congrès internationaux et publié plusieurs articles et ouvrages, parmi lesquels Tourbet el-Bey (Tunis, 2004) et Les médersas de la médina de Tunis (Tunis, 2005).

Édition: Margot Cortez

N° de travail MWNF : TN 11

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